[Psmike] Locker Room Story
Allez, un petit PSMIKE. C’est délirant. Du grand n’importe quoi, à la John K PETA. Faut être dans le trip, mais moi je trouve ça excellent !
Par contre, j’ai du mal à accrocher aux dialogues.
C’est un excellent graphiste, mais j’ai l’impression qu’à l’instar de beaucoup de ses confrères, il travaille à l’envers ; il fait d'abord les séquences graphiques, puis il essaye de les expliquer par du texte.
Je sais que c’est pas facile à entendre pour des gens dont la passion est de faire des images, mais c’est l’image qui doit être au service du scenario (dialogues compris), pas l’inverse. Sinon, on se retrouve avec des incohérences. De longues tirades pour expliquer ce que ne disent pas les images, mais qui ne collent pas toujours avec la dynamique du scenario.
Exemple : sur les 4 premiers slides, elle court. Elle va du début des casiers, au… début des casiers. Soit une distance de 20cm à pleine balle. 0,04 secondes. Pourtant, elle a le temps de réciter le code pénal… ça marche pas bien! Pourquoi ? Uniquement parce qu’il manque le contexte…
Le porno pour le porno, les images crues et directes, j’achète, pas de problème. Mais si on commence à scénariser, il faut que l’histoire prenne le lead comme ils disent dans les startup à queue de cheval.
Même dans le porno, ils ont compris ça. Fini les scénars des années 80 dans lesquels la même nympho sautait systématiquement sur le plombier, le facteur, l’employé des PTT… Maintenant, à part quelques vidéos très très amateurs qui restent fidèles à la jupe d’écolière ou la blouse d’infirmière, c’est terminé, plus de décorum, on va direct à la compil de faciales !
Dans ce cas précis, si j’avais fait un travail de réécriture, j’aurais ajouté une séquence de début comme celle là, par exemple. J’ai torché ça vite fait, on est indulgent, merci.
En remplaçant les premiers slides par ça, on évitait la grosse faille spatio-temporelle de la course au ralenti en mode dessin animé japonais du club Dorothée où ils racontent leur vie au milieu d’une action quasi instantanée…
Attention, je ne remets pas en cause des choix artistiques. Je me permettrais pas. Je relève juste des écueils techniques. Un peu comme une faute grammaticale (involontaire) dans mes textes. Ou comme un acteur qui n’a pas les mêmes fringues dans des prises de vues successives d’une même séquence, ou quand le micro du perchman entre dans le champ de la caméra. L’ambiance du film est foutue, on ne voit plus que ça après…
Comme au cinéma, la bonne séquence de travail, c’est scénario-dialogue-images. Quand les dialogues ne sont pas écrits avant de faire les images, on se retrouve avec des tirades descriptives beaucoup trop longues pour l’action en cours.
Du genre « chérie, j’ai une idée! Si nous nous mettions en conformité avec les directives sanitaires en vue d’une réduction du développement des maladies vénériennes en appliquant sur ma verge turgescente, une fine pellicule de latex qu’on trouve sous emballage cellophané et boite sans marquage distinctif à la pharmacie du coin de la rue Dupont-Lajoie. Tu pourrais le dérouler toi-même de tes doigts fins et graciles, ça n’en serait que plus érotique lors de notre rapport sexuel résultant d’une libido débridée mais néanmoins primesautière… »
… alors que ceux qui ont déjà pratiqué savent pertinemment que la seule chose qui peut sortir d’un cerveau masculin à ce moment précis, sont des mots de 2 syllabes max : « Où sont ces putains de capooooooootes!!!?? »
Un signe évident que les dialogues ont été écrits après les images, ce sont les cours d’anatomie au milieu des ébats… Je ne suis pas Rocco Siffredi, donc mon expérience est limitée, mais je n’ai jamais entendu une femme faire l’inventaire des viscères qui se font chatouiller quand elle jouit… A ce moment là, le dialogue devrait se limiter à « Hmmm – Ouiii – Haaaa – Plus fort – Mets-la moi toute – D127, tu es le meilleur coup de ma vie – Traite-moi comme une chienne – Appelle-moi Maman… Non ! Raccroche ce téléphone, imbécile ! »… Si on est obligé de sortir de cette liste, c’est qu’il faut revoir le script. Et quand les images sont déjà faites… ben ça fait chier.
Ca n’a pas toujours été facile de trouver quelque chose à mettre dans certaines bulles, et je peux vous dire que je me suis bien gardé d’en rajouter…
Pour en revenir à PSMIKE, il a du talent graphique, du potentiel scénaristique, mais il gagnerait surement à se trouver un Michel Audiard à lui. (Attention, je me compare pas du tout à Audiard. C’est juste pour la ref)
Et me faîtes pas dire ce que j’ai pas dit. Si je me suis cassé le dos à faire le taf, c’est que j’aime beaucoup. Mais aimer ne dispense pas d’une certaine objectivité.
Bref, moi, j’ai un cerveau imperméable à l’incohérence. Il bug. C’est comme ça, on y peut rien.
Quand le texte ne colle pas à l’image, que je ne suis pas embarqué dans l'histoire, il part en cacahuète et se créée ses propres dialogues. Une espèce de pansement pour boucher les trous et retrouver une cohérence, certes imparfaite, mais tellement plus… confortable.
C’est ce que j’ai retranscrit ici. Et ce que je fais la plupart du temps, d’ailleurs. On s’éloigne de la traduction littérale, on n’est pas encore dans la réécriture… C’est ma lecture, elle est personnelle et vous en faîtes bien ce que vous voulez…
PS : Bon, en vérité, ce que je vois vraiment dans ces images ressemble plutôt à ça, mais j’ai essayé de vous l’épargner…